Bac pro au rabais

Article initialement paru dans l’Heure du peuple 

Jeudi 27 septembre, les professeurs de lycée professionnel étaient en grève à l’appel d’une large intersyndicale. Le gouvernement a en effet présenté en mai dernier un projet de contre-réforme, dans le sillage de sa contre-réforme du lycée général et technologique.

Si elle était mise en oeuvre, elle conduirait d’abord à de-professionnaliser la voie pro. Un comble. Jean Michel Blanquer projette ainsi de regrouper les secondes professionnelles en « familles de métiers ». De 80 secondes spécialisées, on passerai à 15 secondes diffuses. Et dans la continuité, des bacs pro pourraient fusionner. A cette réduction de l’offre de formation, s’ajouterait la diminution des heures d’enseignement général. Les heures de français-histoire géographie, de mathématiques et de langues seraient par dizaines diminuées. Que reste-t-il alors de l’émancipation à laquelle l’Ecole devrait concourir pour tous ses élèves ?

Le gouvernement veut donc un bac pro au rabais. Avant 2009, il se passait en quatre ans. Après la contre-réforme de 2009, en trois ans. Il faudrait désormais le faire en 2 ans. La seconde de spécialité étant remplacée par une seconde de « découverte professionnelle ». C’est une attaque en règle contre la qualification, synonyme de maîtrise professionnelle et source de droits sociaux reconnus dans les conventions collectives, que mène le gouvernement. C’est le devenir des artisans, ouvriers, techniciens de demain, indispensables à la transition écologique de notre économie, qui est mis en cause.

Car pour le gouvernement des riches, le sacrifice de la voie professionnelle est l’occasion de réaliser quelques économies. La contre-réforme conduirait ainsi à la suppression de 3 500 postes d’ici à 2022. Elle permettrait aussi de développer l’apprentissage, sur lequel le patronat a désormais la haute main et qui bénéficie d’une part croissante des recettes de la taxe d’apprentissage. Les lycées professionnels devant eux se partager des miettes, avec toutes les difficulté à financer par exemple leurs achats de matériels que crées cette nouvelle mise en oeuvre de la politique du «ruissellement ».

Les choix idéologiques et comptables du gouvernement menacent donc une voie essentielle du lycée. La voie de la qualification et de la démocratisation scolaire. Ils interrogent ainsi le devenir du pays. A l’heure du défi environnemental, l’intérêt général commande d’élever le niveau général de la qualification et non de formater des individus employables, corvéables aux seuls intérêts du MEDEF.

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