De Macronzy à Macrollande, une politique éducative dans la continuité

Cet été, le nouveau monde a pris un sacré coup de vieux. En matière de politique éducative, les dernières annonces achèvent d’inscrire Macron dans la continuité de ses prédécesseurs.  

De Macronzy

1800 postes supprimés, c’est le chiffre donné par Jean-Michel Blanquer ces jours derniers. Un aveu incomplet car ce sont 2 650 postes d’enseignants et 400 postes de personnels administratifs en moins qui sont prévus dans le second degré. Ajoutons-y les 2 600 postes effacés au CAPES et à l’agrégation l’an passé et nous voilà, en quelques mois, à près de 5 000 postes retirés dans les collèges et les lycées. 

Pour mener à bien une telle saignée, Macron avait besoin d’un spécialiste. Jean-Michel Blanquer en est un. Numéro 2 du ministère de l’éducation nationale sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il pilota pendant trois années le plan de suppression de 80 000 postes dans l’éducation nationale. De cette politique coupable, le service public de l’éducation ne s’est toujours pas relevé après les promesses non tenues de Hollande. Nous en connaissons les effets : des classes surchargées, des professeurs non remplacés. Sans ambition, sans imagination, la routine néolibérale est servie d’une « alternance » à l’autre. « Gauche » ou « droite », tout ça n’a plus aucune importance pour les élèves, leurs familles et des personnels sacrifiés sur l’autel de l’austérité. 

Car pourtant, le nombre d’élèves augmente. Ils sont 26 000 supplémentaire de la 6e à la Terminale cette année. Mais qu’importe. Le gouvernement tient sa priorité :  supprimer 60 000 postes dans la fonction publique avant la fin du quinquennat. Qu’importe la jeunesse et l’intérêt du pays, l’éducation nationale, premier employeur public, doit prendre sa part de la soumission à Bruxelles et à la sacro-sainte règle des 3% de déficit. Et ce n’est pas le totem du dédoublement des classes de CP et CE1 en REP +, qui nous fera oublier la réalité : plus de 1 000 classes du premier degré furent fermées en fin d’année passée.

A Macrollande

Si la politique de Macron prolonge celle de Sarkozy, elle s’inscrit également dans la parfaite continuité du quinquennat Hollande. Celui-ci s’est caractérisé par une politique de territorialisation de l’Ecole, source d’aggravation des inégalités. Après la contre-réforme des rythmes scolaires, la contre-réforme du collège, vient celle du lycée pilotée par Blanquer. Elle parachève la mise en place d’un nouveau modèle, dans lequel l’offre de formation varie d’un établissement à l’autre. Comme nous l’annoncions, dans l’enseignement général et technologique, les « spécialités » censées remplacer les filières, ne seront pas toutes proposées dans un même lycée. La voie professionnelle risque de son côté de voir disparaitre nombre de ses secondes de spécialités, de ses bacs et finalement sa spécificité. 

Dans un tel cadre, l’égalité d’accès et de traitement n’est plus garantie aux élèves. Les personnels sont soumis aux pratiques néo-managériales imposées par l’autonomie d’établissements placés en concurrence et désormais, c’est en tout cas le projet du gouvernement, évalués à cette fin.

La concomitance des annonces relatives aux suppressions de postes et de la mise en oeuvre de la contre-réforme du lycée ne trompe pas. La politique de Macron se situe au point de convergence de la brutalité sarkozienne et de la dislocation hollandaise. Elle accélère la marchandisation de l’Ecole, qui triomphe dans la mise en oeuvre de Parcoursup, et la balkanisation du cadre républicain du service public d’éducation. 

A cette enseigne, tous sont perdants. Les élèves, dont les choix se réduisent à peau de chagrin et les conditions d’études se dégradent. Les familles, plongées dans l’angoisse de l’orientation et, pour celles qui en ont les moyens, ponctionnées par le privé qui désormais prospère. Les personnels, obligés à d’incessantes évaluations, victimes de la dégradation continue de leurs conditions de travail. Pour sortir de ce marasme, pour rompre avec ce pire toujours recommencé, fédérer les revendications des parents, enseignants, lycéens et étudiants est la tâche urgente des militant.e.s de l’Ecole de l’égalité et de l’émancipation. 

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