Plan social à l’éducation nationale

Le ministre de l’éducation nationale prépare un plan social en catimini. Début novembre au Sénat, il annonçait la prochaine suppression de 2 600 postes d’enseignants – et de 200 postes administratifs – dans les collèges et lycées. Au prétexte de l’augmentation du nombre des postes non pourvus aux concours, Jean-Michel Blanquer prévoit ainsi de diminuer de 20 % en moyenne les postes ouverts au CAPES, CAPET et à l’agrégation.

Le ministre pousse loin l’opportunisme comptable. Les suppressions à venir vont en effet bien au-delà du nombre de postes ne trouvant plus preneurs. Comme le relève le Café pédagogique, la Rue de Grenelle prévoit de n’ouvrir que 5 833 postes au CAPES lors de la prochaine session soit moins que les 6 011 postes pourvus en 2017. A l’agrégation, il y aura 1 555 postes ouverts en 2018 contre 1 709 postes pourvus cette année. Pour le concours des professeurs de lycées professionnels, 1 580 postes sont à pourvoir contre 1 647 dotés cette année. L’objectif est donc bien de faire baisser le nombre d’enseignants du second degré.

Ces coupes interviennent au moment où se prépare la mise en œuvre de la contre-réforme du lycée. Dans le lycée « modulaire » de M. Blanquer, combien d’options seront supprimées ? Combien d’heures d’enseignements disciplinaires diminuées ? A n’en pas douter, le projet de contre-réforme du lycée s’inscrit dans un cadre d’austérité qu’anticipent les suppressions annoncées. Elles permettront également de dégager les maigres moyens nécessaires aux objectifs que le gouvernement veut atteindre dans le premier degré. Déshabiller Pierre pour habiller Jacques, éternelle ritournelle libérale…

Faut-il rappeler à celui qui doit se préoccuper de la satisfaction des besoins éducatifs des élèves que depuis plusieurs années le nombre d’enfants scolarisés augmente dans le pays ? Faut-il lui dire les remplacements non assurés, dénoncés par milliers par les associations de parents d‘élèves ? Faut-il l’alerter sur la hausse des effectifs alors que, selon le principal syndicat de l’enseignement secondaire, 41% des classes terminales accueillent cette année plus de 35 élèves ?

L’aveuglement comptable est incompatible avec la recherche de l’intérêt général. La politique de courte vue du gouvernement passe à côté de l’essentiel : la grave crise de recrutement que connaissent depuis des années les concours de l’enseignement. La résoudre suppose il est vrai d’engager une toute autre politique. Celle de l’augmentation des salaires – gelés de façon quasi continue depuis 2010 – pour rendre plus attractif un métier rémunéré en début de carrière aux environs d’1,2 SMIC. Celle de la reconnaissance de l’expertise scientifique et pédagogique des enseignants nécessitant de rompre avec les pratiques managériales que la logique d’autonomie ne cesse d’exacerber. Celle de la mise en œuvre d’un véritable plan de pré-recrutement permettant au plus grand nombre des étudiant-e-s de se destiner à la carrière enseignante. Cette politique, c’est l’encouragement de ceux qui aspirent à devenir professeur et non leur découragement organisé. C’est l’alternative à la dégradation continue du service publique d’éducation et à la passivité actuelle. C’est celle que propose la France insoumise.

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