Politique de la cantine

Double portion de frites pour ceux qui ne mangent pas de jambon ! La proposition de Nicolas Sarkozy mêle la bêtise à l’ignorance crasse. Elle révèle aussi l’enjeu politique que constitue l’organisation des cantines scolaires.

L’ancien Président de la République fait sienne une obsession habituelle de l’extrême droite. Celle des menus de substitution. Elle révèle non pas un soucis de laïcité  – qui n’a jamais consisté en la formulation de règles alimentaires particulières – mais la volonté de stigmatiser les élèves de confession musulmane à l’école. Jusqu’à les brutaliser en voulant contraindre leurs pratiques alimentaires.

La cantine est également un des terrains de mise en oeuvre de l’austérité. Elle est, sous l’effet des politiques du PS et de la droite, devenue le lieu d’une chasse aux pauvres. 70 communes l’interdisent aujourd’hui aux enfants dont les parents sont au chômage. Dans la Somme, les aides dont bénéficiaient 7 000 familles modestes, ont été supprimées à cette rentrée. Dans l’Essonne, la gratuité pour les familles les plus pauvres n’est plus pour permettre trois millions d’euros d’ « économies ». Au Pontet, en 2014, le maire Front national supprimait la gratuité pour les familles pauvres.

Les cantines scolaires pourraient pourtant être mobilisées comme leviers d’une politique égalitaire et émancipatrice.

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle, propose leur refonte en associant leur gratuité au développement d’une agriculture paysanne, locale et biologique.

Alors qu’un récent rapport de l’Inspection générale de l’éducation nationale souligne l’ampleur de la pauvreté scolaire avec 1,2 millions d’élèves concernés, il est urgent d’agir. Un service public national et gratuit des cantines scolaires, participant du projet républicain de l’école en garantissant l’égal accès de toutes et tous à des temps de socialisation indispensables, à des moments d’éducation à l’hygiène et à la nutrition, le permettrait.

Ce service public des cantines devrait également prendre part à la nécessaire transition écologique de l’agriculture. En utilisant des produits locaux, issus d’une agriculture biologique et paysanne, les cantines scolaires soutiendraient un processus riches de vertus sanitaires, écologiques et sociales. Outre les effets bénéfiques en terme de réduction des pollutions des eaux et des sols, d’amélioration de la santé des élèves et des agriculteurs, l’insertion des cantines scolaires au cœur d’une nouvelle filière agricole serait en effet génératrice d’emplois.

En 2017, mettons les cantines au service de l’intérêt général. Tournons la page des instrumentalisations comptables et xénophobes dont pâtissent les élèves et les familles. Engageons nous pour un Avenir en commun.

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Une réflexion sur “Politique de la cantine

  1. Pingback: Agriculture bio et paysanne : la fin des lucioles en Auvergne Rhône Alpes…les destructions systématiques de Wauquiez, le Pt de Région… » MEDIAS CITOYENS DIOIS | MEDIAS CITOYENS DIOIS

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